
L’engagement, et les notions d’action et de discours que le mot prend en écharpe, tout comme le nom de Foucault et la question de l’écriture qu’on voudrait lui poser : il apparaît qu’aucun de ces termes n’ouvre à un sens stabilisé, notamment dès lors qu’on les promène dans les champs distincts que sont les études littéraires et les sciences politiques. C’est pourtant cet espace d’une dissension qu’on voudrait habiter, dans l’espoir que du différend naisse la possibilité d’une réflexion commune autour de ces enjeux. Que peut vouloir dire, en effet, la préoccupation de Foucault, notamment à partir des années 1970, de venir risquer sa parole et proposer du sens au sein de l’actualité ? En quoi les recours à l’action (au sein du G.I.P.), à la parole de l’entretien ou à celle autorisée par l’activité enseignante, nous renseignent-ils sur une inquiétude – qui ne serait pas seulement celle de l’auteur, mais aussi de toute une époque – quant à l’efficace d’un discours appuyé sur un certain savoir ? Depuis la question, « Cesser d’écrire ? », contemporaine de l’entrée de Foucault au Collège de France en 1970, jusqu’au « Dire vrai », cette problématique qui occupe les deux derniers cours (et plus particulièrement Le Courage de la vérité en 1984), c’est ainsi un trajet fait d’incertitudes et d’hésitations, d’investissements et de désinvestissements successifs, qu’il faut retracer.
Guillaume Bellon réalise actuellement des recherches postdoctorales pour le Centre Figura de l'Université du Québec à Montréal. Il participe en outre à la revue Recto/Verso.











