« Cesser d’écrire », « dire vrai » : ces deux infra-citations, empruntées à Foucault, dessinent la pertinence d’un moment (1970 pour la première ; 1984 pour la seconde) qui est précisément celui de l’enseignement au Collège de France de l’auteur. Contemporaine de son élection à la « Chaire d’histoire des systèmes de pensée », la première citation marque une distance à l’écriture comme investissement, qu’on aurait tôt fait de mettre en rapport avec la fondation, en 1971 du G.I.P. (Groupe d’Intervention sur les Prisons) et avec les premières actions publiques d’envergure de Foucault comme avec sa participation à la création du quotidien Libération en 73. « Cesser d’écrire », ce serait sortir de l’impunité offerte à l’écrivain par le livre, et affronter la question de l’engagement – question piégée, qui n’en doit pas moins composer avec l’héritage sartrien. La seconde citation, extraite du dernier cours de Foucault – celui sur la parrhêsia, cette technique de « dire vrai » élaborée dès l’Antiquité et dont le professeur retrace la généalogie – ne serait-elle pas dès lors la réponse à cette désaffection de l’écrire ? Ne pourrait-on relire cette période comme le trajet d’un homme renonçant au livre pour risquer sa propre parole au sein d’un dispositif d’engagement singulier ?Guillaume Bellon réalise actuellement des recherches postdoctorales pour le Centre Figura de l'Université du Québec à Montréal. Il participe en outre à la revue Recto/Verso.










